Le système de santé canadien aurait besoin de consulter un pharmacien.

Les Canadiens sont depuis longtemps fiers de leur système universel de soins de santé, mais chacun est conscient que ce système peine à suivre l’évolution de nos besoins en matière de santé.

Compte tenu du vieillissement de la population, des nouvelles technologies et des pressions économiques qui pèsent sur les familles et sur les gouvernements, il faut trouver des solutions de soins de santé qui permettent d’utiliser efficacement et durablement nos ressources en santé et de fournir les soins aux patients au moment et à l’endroit où ils en ont le plus besoin.

Les pharmaciens sont des spécialistes des médicaments hautement qualifiés. Ils sont les fournisseurs de soins de santé les plus accessibles qui soient, rencontrant environ dix millions de patients par semaine dans tout le pays. Ils fournissent des soins proches du domicile des patients ainsi que des services qui répondent aux besoins uniques de ceux-ci et de leur collectivité.

En tant que point de contact le plus fréquent entre les Canadiens et le système de santé, les pharmaciens peuvent témoigner des obstacles que les patients rencontrent pour accéder aux médicaments et aux services de santé.

Par conséquent, nous appelons les partis politiques à démontrer leur engagement à lever ces obstacles et à placer les questions de santé suivantes au cœur de leurs programmes électoraux.

Adopter un plan d’action pour résoudre les pénuries de médicaments

Les pénuries, les rappels et les cessations de vente de médicaments sont des problèmes croissants dans notre système de soins de santé. D’après un sondage national, 25 % des Canadiens ont vécu personnellement une pénurie de médicaments, ou connaissent quelqu’un qui a été confronté à une pénurie ces trois dernières années[1].

Chaque jour, les pharmaciens rencontrent des problèmes d’approvisionnement en médicaments, et ils travaillent dur pour réduire les effets de ces interruptions sur leurs patients. Ils collaborent avec les fournisseurs, les prescripteurs et les assureurs pour se procurer les médicaments concernés, trouver des produits de substitution et conseiller les patients sur les changements apportés à leur pharmacothérapie. Cependant, ils savent qu’un changement de médicament peut accroître les risques en matière de santé et augmenter l’anxiété des patients.

Outre leurs conséquences sur la santé, les pénuries de médicaments font aussi grimper les coûts des soins de santé. En effet, les patients doivent parfois s’absenter du travail ou se déplacer loin pour obtenir une nouvelle prescription ou pour acheter un produit de substitution non couvert par leur assurance-médicaments. Les régimes publics et privés doivent trouver et recenser des produits de substitution potentiellement plus coûteux. Les professionnels de la santé consacrent eux aussi beaucoup de temps et de ressources pour gérer ces pénuries, ressources qui seraient beaucoup mieux utilisées pour améliorer les soins aux patients.

Nous appelons instamment les partis politiques à faire de ce problème une priorité pour les élections à venir et à élaborer un plan qui assurera au Canada un approvisionnement stable en médicaments. Ce problème est particulièrement pressant étant donné que les États-Unis projettent d’importer des médicaments en provenance du Canada, ce qui pourrait aggraver les pénuries.

L’APhC demande aux partis politiques fédéraux de s’engager à appliquer un plan d’action complet qui assurera au Canada un approvisionnement stable en médicaments. Ce plan devrait inclure ce qui suit :
  • des recherches sur les causes des problèmes d’approvisionnement en médicaments et sur les solutions;
  • un leadership dans un groupe de travail international visant à trouver des solutions concrètes à ce problème;
  • l’apport d’un soutien aux fournisseurs de soins de santé de première ligne qui se démènent pour gérer les interruptions de l’approvisionnement.
James Morrison, Pharmacist

«Récemment, le médicament pour la tension de l’un de mes patients n’était pas disponible en raison d’une pénurie. Faire passer ce patient à un médicament de substitution a été vraiment difficile. Nous avons essayé trois médicaments différents avant d’en trouver un qui soit efficace et toléré par ce patient.»

James Morrison, pharmacien, Burlington (Ontario)

[1] Abacus Data, Pénuries de médicaments : Sondage mené auprès de 1 500 résidents canadiens, 2018,
https://www.pharmacists.ca/cpha-fr/assets/File/CPhA-on-the-issues/DrugShortages_AbacusSurvey_November2018.pdf

Réduire le risque de dépendance aux opioïdes

L’épidémie de dépendance aux opioïdes est l’une des crises sanitaires les plus difficiles et les plus complexes que traverse le Canada actuellement. De janvier 2016 à décembre 2018, 11 577 Canadiennes et Canadiens sont morts d’une surdose apparemment liée à la consommation d’opioïdes. Rien qu’en 2018, le nombre de décès a été de 4 460[2]. Statistique Canada a récemment indiqué que, pour la première fois depuis quatre décennies, l’espérance de vie des Canadiens n’a pas augmenté de 2016 à 2017, fait essentiellement imputé à la crise des opioïdes[3].

Les pharmaciens reçoivent encore des ordonnances pour des doses initiales élevées ou pour des traitements de longue durée, et ils sont souvent les premiers fournisseurs de soins de santé à remarquer des signes de dépendance chez leurs patients.

La plupart des surdoses d’opioïdes concernent des drogues illicites, mais il n’est pas rare que les problèmes de dépendance commencent avec des opioïdes sur ordonnance, dont beaucoup ont été prescrits inutilement ou inadéquatement. Ce problème a reçu beaucoup d’attention ces dernières années, mais le changement a été lent. Les pharmaciens reçoivent encore des ordonnances pour des doses initiales élevées ou pour des traitements de longue durée, et ils sont souvent les premiers fournisseurs de soins de santé à remarquer des signes de dépendance chez leurs patients[4],[5].

À l’approche des élections de 2019, les pharmaciens appellent tous les partis politiques à s’engager à améliorer l’utilisation sûre et efficace des opioïdes sur ordonnance en élargissant les programmes de surveillance des ordonnances d’opioïdes et en aidant les provinces et les territoires à se doter des meilleurs outils et des meilleures technologies pour cette tâche.

Les pharmaciens constituent une ressource précieuse pour l’atteinte de cet objectif. Un simple changement réglementaire au palier fédéral leur permettrait d’évaluer les prescriptions initiales et continues d’opioïdes afin de s’assurer que celles-ci sont appropriées pour leurs patients. Si nécessaire, les pharmaciens pourraient ensuite modifier ces prescriptions afin de réduire les risques de dommage pour leurs patients en diminuant le dosage ou la durée du traitement aux opioïdes et en faisant passer leurs patients à un traitement de substitution, au besoin. Ce changement réglementaire ajouterait également le pharmacien à l’équipe de fournisseurs de soins de santé qui peuvent gérer la diminution progressive des opioïdes et le traitement de la dépendance à ceux-ci, augmentant ainsi les capacités et améliorant l’accès des patients à ces services essentiels.

Nous appelons instamment tous les partis politiques fédéraux à soutenir un programme complet visant à réduire au minimum les dommages associés à la consommation d’opioïdes sur ordonnance, en mettant l’accent sur trois domaines prioritaires :
  • améliorer la surveillance afin d’intercepter les prescriptions d’opioïdes inappropriées;
  • proposer des programmes de conseil et d’éducation pour les patients qui consomment des opioïdes pour la première fois;
  • augmenter les capacités et l’accès aux solutions de diminution progressive des opioïdes et de traitement de la dépendance à ceux-ci.
[2] Gouvernement du Canada, Rapport national : Décès apparemment liés à la consommation d’opioïdes au Canada, 2019, https://sante-infobase.canada.ca/labo-de-donnees/surveillance-nationale-opioides-mortalite.html
[3] Statistique Canada, Variation de l’espérance de vie selon certaines causes de décès 2017, 30 mai 2019,
https://www150.statcan.gc.ca/n1/daily-quotidien/190530/dq190530d-fra.htm
[4] National Pain Centre, The 2017 Canadian Guideline for Opioids for Chronic Non-Cancer Pain, 2017,
http://nationalpaincentre.mcmaster.ca/documents/Opioid%20GL%20for%20CMAJ_01may2017.pdf
[5] Ireland N., Sask. does not monitor opioid prescribing practices, dispensing at the province’s pharmacies: Auditor’s report, CBC News, 6 juin 2019, https://www.cbc.ca/news/canada/saskatchewan/sask-opioids-audit-pharmacies-auditorsreport-1.5164753

Améliorer l’accès aux soins communautaires

Le système de santé canadien a du mal à répondre à nos besoins en matière de soins de santé. Beaucoup trop de Canadiens n’ont pas de médecin de famille ou doivent attendre plusieurs semaines pour obtenir un rendez-vous. L’accès aux spécialistes est encore plus mauvais. Les patients se retrouvent souvent dans des salles d’urgence surpeuplées ou dans des couloirs d’hôpitaux, généralement pour des affections soignables mais extrêmement complexes; les professionnels des soins de santé et les soignants sont victimes d’épuisement professionnel, et les personnes âgées voient leur état de santé se dégrader pendant qu’elles attendent une place dans un établissement de soins de longue durée.

L’amélioration des soins de santé communautaires est essentielle pour résoudre nombre des pressions qui pèsent sur le système de santé, dont l’utilisation inefficace des ressources. Cela améliorera aussi l’expérience des patients en élargissant l’accès à des soins plus proches de leur domicile. Il existe de nombreuses possibilités d’y parvenir, notamment mieux utiliser les professionnels de la santé comme les ambulanciers paramédicaux, les pharmaciens et les sages-femmes, qui devraient recevoir l’autorisation et le soutien nécessaires pour exercer dans la pleine mesure de leurs compétences et de leurs capacités. En effet, d’après de nombreuses études, ces fournisseurs de soins de santé peuvent améliorer les résultats pour les patients et réduire les coûts des soins de santé. Or, ils restent sous-utilisés et sous-financés.

Par exemple, les pharmaciens communautaires aident à fournir aux patients un accès plus pratique et plus rapide aux soins de santé. En ce qui concerne la santé des femmes, les pharmaciens transforment la manière dont celles-ci obtiennent les contraceptifs et un traitement pour les infections urinaires. Près de 30 % des femmes prennent un contraceptif oral, et la moitié des femmes qui atteignent le début de la trentaine ont déjà souffert d’une infection urinaire[6], [7]. Les infections urinaires font partie des principales raisons de consultation des services d’urgence. Dans certaines provinces, les pharmaciens peuvent désormais prescrire un traitement pour ces problèmes de santé, ce qui évite des consultations inutiles aux urgences et donne aux femmes un accès plus rapide et plus pratique aux soins dans leur collectivité.

Beth Kessler, Pharmacy Manager, Regina, SK

« Je trouve très gratifiant d’aider les femmes à obtenir plus facilement un moyen de contraception ou un traitement contre une infection urinaire. Les infections urinaires sont des infections courantes pour lesquelles les femmes se rendent dans les cliniques, alors que, souvent, il est facile de traiter ces infections en pharmacie. De plus, les femmes passent beaucoup de temps à attendre dans les cabinets médicaux pour renouveler leur ordonnance de contraceptifs qu’elles utilisent souvent depuis de nombreuses années. Quand les femmes apprennent que nous pouvons nous occuper de leur prescription de contraceptifs ou soigner leur infection urinaire à la pharmacie, le soulagement qui se lit sur leur visage montre combien un accès facile et rapide à ces services de santé est important pour les femmes. »

Beth Kessler, gestionnaire de pharmacie, Regina (Saskatchewan)

Les pharmaciens peuvent aussi traiter d’autres affections courantes, comme le reflux gastrique et le zona, administrer des vaccins et aider les patients à gérer des affections chroniques complexes comme le diabète. Ces programmes sont particulièrement importants dans les régions rurales et sous-desservies, ou dans celles où les patients n’ont pas accès à un médecin de famille.

Nous appelons instamment les dirigeants politiques canadiens à investir dans l’accès aux soins de santé communautaires et à élargir cet accès en mobilisant les compétences des professionnels de la santé qui exercent en milieu communautaire.
[6] Statistique Canada, Prévalence de l’utilisation des contraceptifs oraux, selon certaines caractéristiques, femmes de 15 à 49 ans, population à domicile, Canada, 2007 à 2011, 2015, https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/82-003-x/2015010/article/14222/tbl/tbl1-fra.htm
[7] . Beahm N., D. Smyth et R. Tsuyuki, Outcomes of Urinary Tract Infection Management by Pharmacists (RxOUTMAP): A study of pharmacist prescribing and care in patients with uncomplicated urinary tract infections in the community, Canadian Pharmacists Journal, 2018, https://doi.org/10.1177/1715163518781175

Améliorer la couverture des médicaments grâce à un régime durable d’assurance-médicaments

Au Canada, la moitié des adultes prennent au moins un médicament d’ordonnance, tandis que 40 % des personnes âgées et des personnes atteintes d’une maladie chronique en prennent quatre ou plus[8]. Malgré l’importance des médicaments pour le traitement des problèmes de santé, de nombreux Canadiens n’ont tout simplement pas les moyens de les acheter, car ils n’ont pas d’assurance-médicaments ou ont seulement une couverture partielle.

Pour que ce régime d’assurance-médicaments soit efficace, il faut aussi que les patients profitent pleinement de leur traitement.

Nous, pharmaciens, pensons que tous les Canadiens méritent d’avoir accès aux médicaments dont ils ont besoin pour se soigner et aux services qui contribuent à l’utilisation optimale de ces médicaments. Nous pensons aussi qu’il est possible de mettre en place un régime équitable et durable d’assurance-médicaments tout en respectant les responsabilités provinciales et territoriales en matière de santé, en réduisant au minimum les perturbations pour les patients et en faisant fond sur la combinaison efficace de régimes publics et privés existant actuellement dans tout le pays[9]. Ainsi, une liste nationale des médicaments – aussi appelée formulaire pharmaceutique – pourrait constituer une norme minimale pour tous les régimes d’assurance-médicaments et mettre fin à l’actuel ensemble disparate des couvertures proposées par les régimes publics et privés.

Pour que ce régime d’assurance-médicaments soit efficace, il faut aussi que les patients profitent pleinement de leur traitement. Les pharmaciens jouent un rôle indispensable à cet égard, car ils peuvent fournir des conseils sur les médicaments et surveiller le traitement des patients afin de veiller à ce que celui-ci soit sûr, dûment suivi et donne les meilleurs résultats possible pour leur santé. Les pharmaciens peuvent aussi aider les patients à arrêter de prendre des médicaments qui ont cessé d’être sûrs, appropriés ou efficaces. Leurs services profitent non seulement aux patients, mais aussi à l’ensemble du système de santé grâce à la réduction des coûts et du gaspillage.

Un régime d’assurance-médicaments équitable et durable est possible :

  • en respectant la compétence provinciale et territoriale en matière de santé;
  • en réduisant au minimum les perturbations pour les patients;
  • en combinant efficacement les régimes publics et privés qui existent déjà dans le pays.

Certes, il faudra du temps pour mettre en place ce régime d’assurance-médicaments, mais il est possible de prendre des mesures à court terme pour améliorer l’accès aux médicaments. Par exemple, on pourrait financer les provinces et les territoires afin d’étendre la couverture publique des médicaments aux personnes non couvertes. Un financement fédéral permettrait aussi d’améliorer et d’harmoniser les programmes visant à limiter les coûts à la charge du client – aussi appelés couverture des médicaments onéreux – qui sont essentiels pour les patients atteints d’une maladie rare ou ayant une couverture restreinte. On pourrait instaurer un transfert fédéral pour les médicaments onéreux, sur le même modèle que le Transfert canadien en matière de santé, afin de contribuer à résoudre le problème.

Nous appelons instamment les partis politiques à donner la priorité à l’amélioration de l’accès aux médicaments et à la fourniture d’une couverture des médicaments pour tous les Canadiens. Les stratégies appropriées et concrètes à cet égard devraient comprendre ce qui suit :
  • étendre l’accès aux médicaments aux Canadiens qui ont une faible couverture, voire aucune, en faisant fond sur la combinaison efficace des régimes publics et privés d’assurance-médicaments existant déjà;
  • financer les provinces afin d’améliorer et d’harmoniser la couverture des médicaments onéreux dans l’ensemble du pays pour aider les personnes atteintes d’une maladie rare ou ayant une couverture restreinte;
  • instaurer une liste nationale complète des médicaments assurés de base;
  • inscrire au rang des priorités l’utilisation optimale des médicaments et la fourniture de soins par les pharmaciens afin d’améliorer les résultats pour les patients.
[8] Statistique Canada, Consommation de médicaments sur ordonnance chez les Canadiens de 6 à 79 ans, 2015, https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/82-003-x/2014006/article/14032-fra.htm
[9] Association des pharmaciens du Canada, Rx: PharmAccord. Une prescription pour améliorer la santé du Canada, 2017, https://www.pharmacists.ca/cpha-fr/assets/File/cpha-on-the-issues/PharmAccord_Final_Online.pdf

Améliorer l’accès aux soins et la qualité de ceux-ci pour les consommateurs de cannabis à des fins médicales

Les pharmaciens du Canada pensent que les patients qui consomment du cannabis à des fins médicales méritent de recevoir les meilleurs soins possible de la part des fournisseurs de soins de santé et d’accéder plus facilement aux traitements à base de cannabis à des fins médicales. Or, dans les faits, la légalisation du cannabis récréatif a créé une situation dans laquelle les patients ont plus facilement accès au cannabis récréatif qu’au cannabis à des fins médicales et se retrouvent marginalisés en recevant un faible soutien et peu de conseils.

Étant donné qu’il n’existe aucune différenciation entre les produits, que la couverture d’assurance est limitée et que l’accès se heurte à d’importants obstacles, les patients ont peu de raisons de consulter un professionnel de la santé pour demander le document médical requis pour obtenir du cannabis à des fins médicales en suivant la voie médicale. En fait, d’après une récente enquête commandée par l’APhC, les Canadiens pour l’accès équitable à la marijuana médicale et la Société de l’arthrite, depuis la légalisation du cannabis récréatif, la majorité des consommateurs de cannabis à des fins médicales (61 %) font de l’automédication, et se retrouvent à chercher des conseils médicaux auprès des vendeurs ou d’autres sources incompétentes. En outre, ces consommateurs se procurent généralement leur cannabis à des fins médicales en passant par le marché illégal et consomment celui-ci en combinaison avec d’autres médicaments sur ordonnance[10].

Les pharmaciens pensent que les patients consommant du cannabis à des fins médicales méritent de recevoir les meilleurs soins possible de la part de professionnels de la santé et d’accéder plus facilement aux traitements à base de cannabis à des fins médicales.

Même lorsqu’ils demandent un document médical à un professionnel de la santé, les consommateurs de cannabis à des fins médicales n’ont toujours pas la possibilité de consulter un spécialiste des médicaments, qui pourrait les aider à éviter les interactions médicamenteuses, les informer sur les posologies adéquates, leur fournir des soins de suivi appropriés et participer à la collecte de données et aux activités de recherche à cet égard.

Les pharmaciens recommandent aux décideurs fédéraux d’élaborer des politiques claires qui différencient la voie d’obtention du cannabis récréatif de celle du cannabis à des fins médicales, et qui améliorent l’accès et la qualité des soins pour les consommateurs de cannabis à des fins médicales. Ces recommandations sont notamment :
  • établir une différenciation entre le cannabis récréatif et le cannabis à des fins médicales;
  • étendre les recherches sur le cannabis à des fins médicales afin d’améliorer la sécurité et l’efficacité des prescriptions et les méthodes d’administration;
  • inciter les patients à se procurer leur cannabis en suivant la voie médicale afin qu’ils bénéficient d’une surveillance clinique appropriée;
  • autoriser uniquement les pharmaciens à vendre tous les produits assortis d’une allégation santé et contenant du cannabis, y compris du tétrahydrocannabinol (THC), du cannabidiol (CBD) et tout autre cannabinoïde. En effet, en tant que spécialistes des médicaments, les pharmaciens peuvent fournir les conseils et la surveillance appropriés au point de vente.
[10] Abacus Data, Étude de l’APhC sur le cannabis thérapeutique : Consommateurs de cannabis thérapeutique, 2019, https://www.pharmacists.ca/cpha-fr/assets/File/cpha-on-the-issues/Cannabis%20Survey_Patients-GenPub.pdf

S’attaquer à ces enjeux prioritaires en proposant des idées novatrices et en utilisant avec créativité les ressources en santé nous aidera à créer un système de soins de santé efficace et durable dont nous pourrons être fiers,

un système qui profitera à tous les Canadiens et qui nous aidera tous à vivre une vie meilleure et plus saine.